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Nihon no kami-sama (Les dieux du Japon)

 
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ashilian94
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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 19:09 (2014)    Sujet du message: Nihon no kami-sama (Les dieux du Japon) Répondre en citant

Nihon no Kami-sama (Les Dieux du Japon) 
 

 

I)-  Introduction:


Le terme kami désigne en japonais les divinités ou esprits vénérés dans la religion shintoïste.


Les kamis sont la plupart du temps des éléments de la nature, des animaux ou des forces créatrices de l'univers, mais peuvent aussi être des esprits de personnes décédées. Beaucoup de kamis sont considérés comme les anciens ancêtres des clans, et il arrivait que certains de leurs membres ayant incarné de leur vivant les valeurs et vertus d'un kami deviennent eux-mêmes des kamis après leur mort. 
Traditionnellement seuls les grands et puissants chefs pouvaient devenir kamis, les Empereurs en sont un exemple. Dans le shintoïsme, les kamis ne sont pas considérés comme des êtres distincts de la nature mais en font au contraire partie ; ils possèdent ainsi aussi bien des aspects positifs que négatifs, et des caractéristiques bonnes ou mauvaises. 
Dans la croyance ils sont supposés être cachés de notre monde et vivent dans un espace parallèle qui est le reflet du notre appelé shinkai. Etre en harmonie avec la crainte que peuvent inspirer les aspects de la nature, c'est être conscient du kannagara, la voie des kamis. 
Bien que le monde des kamis soit traduit de bien des manières, aucune définition n'explique vraiment ce qu'il est. Ainsi l’ambiguïté de la signification des kamis justifie la nature ambiguë des kamis eux-mêmes. Au fil du temps le terme kami s'est étendu et inclut désormais d'autres divinités telles Bouddha ou Dieu.


II)- Ethymologie:


En japonais le mot kami a pour sens premier « esprit », et non « dieu ». La notion s'est ensuite élargie pour désigner aujourd'hui plus généralement l'esprit d'une personne, Dieu, un être suprême, une effigie, un principe, ou de façon plus globale tout ce qui peut être vénéré. Bien que « dieu » ou « divinité » soit l'interprétation la plus commune du mot kami, certains chercheurs shintoïstes soutiennent qu'une telle traduction peut causer des malentendus. De plus la grande variété d'usage du mot peut être comparée à celle du Deva sanskrit ou du Elohim hébreux. Tous deux se réfèrent en effet aussi à Dieu, aux dieux en général, aux anges ou aux esprits.


 

Dans certains cas, comme pour Izanagi et Izanami, les kami sont des divinités personnifiées similaires aux dieux des mythologies antiques grecques et romaines. Dans d'autres, tels ceux concernant le phénomène d'auras naturelles, les kami sont des esprits vivants dans les arbres ou des forces de la nature.


Il existe plusieurs suggestions quant à l’étymologie même du terme kami :


kami peut, de part sa racine, signifier simplement « esprit » ou désigner un aspect spirituel. Le mot s'écrit avec le kanji 神, qui se prononce en lecture sino-japonaise shin ou jin. En chinois, le caractère est utilisé pour qualifier les différents esprits de la nature présents dans la religion traditionnelle du pays, et non les divinités taoïstes ou les êtres suprêmes.


Une forme apparemment proche, peut-être un emprunt lexical, se retrouve dans la langue Aïnou dans laquelle le terme kamuy renvoie à un concept animiste très similaire à celui des kamis japonais.


Suite à la découverte du Jōdai Tokushu Kanazukai, usage archaïque des kanas, on sait maintenant que le terme médiéval kami (上) qui signifie « au-dessus » ou « en haut » n'a aucun lien avec le kami moderne. Le traduire par des notions telles « êtres divins » s'avère donc incorrect.


Dans son étude consacrée au Kojiki intitulée Kojiki-den, Motoori Norinaga donne une définition du terme kami : « Tout être qui possède certaines qualités éminentes sortant de l'ordinaire, ou qui est impressionnant de nature, est appelé Kami ».


En japonais il n'existe pas de distinction grammaticale de nombre pour les noms communs, et il est ainsi parfois difficile de savoir si le mot kami se réfère à une seule ou plusieurs entités. Quand un emploi au singulier est nécessaire, -kami (神) ou -kami-sama (神様) sont utilisés en tant que suffixes. En revanche, lorsque l'on cherche à désigner de multiples kami c'est le terme kami-gami qui est employé.


Enfin, le genre non plus n'est pas sous-entendu dans le mot kami, et ainsi il peut être utilisé comme référence aussi bien pour un mâle que pour une femelle. Le terme megami (女神) qui qualifie les kamis femelles est assez récent.


III)- Leur Histoire:


La religion shinto n'ayant aucun fondateur, aucune doctrine commune et pas de texte religieux, le Kojiki (Anciennes Chroniques du Japon) écrit en 712 et le Nihon Shoki (Chroniques du Japon) datant de 720 forment à eux deux le tout premier récit des mythes de création japonais. Le Kojiki inclut aussi les descriptions de divers kamis.
 
 



Dans les anciennes traditions shintoïstes, il existait cinq caractéristiques qui définissaient les kamis :


Les kamis ont des personnalités divergentes. Lorsqu'ils sont respectés ils peuvent nourrir et aimer, mais il leur arrive de causer chaos et destruction s'ils sont méprisés. Les kamis doivent être apaisés si l'on veut gagner leur faveurs et éviter leur courroux. Traditionnellement ils possèdent deux esprits, l'un calme (Nigi-mitama) et l'autre sûr de lui (Ara-mitama). De plus dans le Shintoïsme Yamakage, les kamis ont deux autres esprits cachés, l'un heureux (Saki-mitama) et l'autre mystérieux (Kushi-mitama)
.
Les kamis ne sont pas visible depuis le royaume des humains. Au lieu de ça ils habitent les lieux sacrés, vivent par le biais des phénomènes naturels ou séjournent dans les personnes qui demandent leur bénédictions durant les rituels.


Ils sont capables de se déplacer, visitent leur lieux de cultes qui peuvent être nombreux, mais n'y restent jamais pour toujours.
Il existe beaucoup de variété distinctes de kamis. Le Kojiki en liste en tout trois cents, et tous ont des fonctions différentes. On peut ainsi croiser le kami des vents, tout comme celui des entrées ou des rues.


Pour finir, tous les kamis ont une autorité ou un droit différents selon les personnes qui les entourent. Puisque le peuple a pour obligation de garder les kami heureux, en échange ceux-ci doivent exécuter la fonction spécifique de l'objet, du lieu ou de l'idée qu'ils hantent.


Le concept des kami subit constamment des changement, mais leur présence dans la vie japonaise est elle, restée constante. Les tous premiers rôles des kamis en tant qu'esprits reliés à la terre était d'assister les premiers groupes de chasseurs-cueilleurs dans leur vie quotidienne. Ils étaient alors adorés en tant que dieux de la terre, des montagnes et de la mer. 
La culture du riz se faisant de plus en plus importante et prédominante au Japon, la vision des kami s'est peu à peu modifiée et on leur a attribuer des rôles de soutien directement liés à la croissance des récoltes. Sont alors apparus les kamis de la pluie, du sol, et même du riz lui-même. 
Cette relation entre les premiers Japonais et les kamis s'est notamment manifestée à travers des rituels et des cérémonies durant lesquelles les hommes priait les kamis de rendre les terres cultivables et de protéger les récoltes. Ces rituels sont aussi devenus un symbole de pouvoir et de force pour les premiers empereurs.


Dans la foi shinto les mythes font l'objet d'une forte tradition. Dans le Kojiki, l'un d'eux relate l'apparition de Ninigi-no-Mikoto, petit-fils de la déesse solaire Amaterasu. Dans ce mythe, il est dit que quand Amaterasu envoya son petit-fils sur Terre afin qu'il y règne (événement appelé tenson kōrin), elle lui donna cinq graines de riz provenant des champs du Paradis, le Takamagahara. Ce riz lui a ensuite permis de transformer le désert qu'était la Terre. L'arrière-petit-fils de Ninigi, Jinmu, est considéré comme le premier empereur (légendaire) du Japon.
Empereur Jinmu
 

Les conflits d'ordres social et politique ont aussi joué un rôle clé dans le développement de nouvelles sortes de kami, et en particulier de ceux qu'on appelle les goryo-shin. 
Ces derniers désignent les esprits vengeurs des morts dont les vies ont été brutalement arrachées. 
Cependant lorsque les adeptes shinto parvenaient à les calmer en usant de leur foi, ils devenaient alors des êtres vénérés et obtenaient pour rôle la punition de ceux qui n'honoraient pas les kami. 
Cette croyance se poursuit encore aujourd'hui.


Tout comme les kami eux-mêmes, le panthéon des kami change également constamment de définition et de portée. Les besoins du peuple se modifiant au fil de l'histoire, les terrains d'action et rôles des divers kamis ont fait de même. Beaucoup d'exemples sont liés au domaine de la santé, comme le kami de la variole dont le rôle s'est étendu pour inclure toutes les maladies contagieuses en général, ou encore le kami des tumeurs et furoncles qui représente aujourd'hui aussi le cancer et ses différents traitements.


Enfin dans les anciennes religions animistes, les kami étaient simplement considérés comme les forces divines de la nature. Les fidèles de l'ancien Japon vénéraient les éléments de la nature qui dégageaient une beauté et un pouvoir particuliers, tels les chutes d'eau, les montagnes, les rochers, les animaux, les arbres, les herbes ou même les rizières. Ils étaient persuadés que ces esprits kami méritaient le respect.


Kojiki et Nihon shoki distinguent ainsi deux sortes de kami : ceux qui sont immortels, et ceux qu’on inhume après leur mort. Les premiers sont les kami célestes (天津神, amatsukami), résidant au Takamagahara, les seconds sont les kami du pays (国津神, kunitsukami), présents sur terre, soit avant la descente de Ninigi, soient en tant que descendants de kami descendus sur terre.


 amatsukami 
  



IV)- Mythologie Japonaise:



La mythologie japonaise (日本神話, Nihon shinwa) est l'ensemble des légendes et des mythes du Japon.


Les mythes japonais principaux, comme généralement accepté de nos jours, sont d'origine shintoïste, basés sur le Kojiki et d'autres ouvrages complémentaires. Le Kojiki est le plus ancien recueil de mythes, légendes et histoire du Japon. Le Shintōshū explique la genèse des déités par une approche bouddhiste. Le Hotsuma Tsutae  et le Nihonshoki, quant à eux, contiennent des versions relativement différentes de cette mythologie.


Un aspect intéressant de la mythologie japonaise est qu'elle explique l'origine de la famille impériale, considérée comme d'ascendance divine jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.



A) Gènése du monde:


Au commencement, quand les cieux et la terre étaient encore dans un état chaotique, trois divinités appelées Amanominaka-nushi, Takami-musuhi et Kami-musuhi, suivies de deux autres appelées Umashiashikabihigoji et Amenotokotachi, apparurent à Takamanohara (高天原, « haut dans les cieux »). Elles sont appelées les Kotoamatsukami (別天津神, « divinités des cieux distingués ») et ne jouent qu'un rôle figuratif dans la plupart des mythes. Elles sont asexuées et incarnent les forces qui dirigent le monde.


Vinrent ensuite sur terre, deux paires de divinités, suivies de cinq autres paires. Les deux premières divinités, Kuninotokotachi (国之常立, « le dieu qui existe perpétuellement en tant que nation ») et Toyokumono (豊雲野, « le dieu des nuages abondants et des champs fructueux »), sont comme les cinq premières sans genre. Cinq paires sont engendrées par une divinité mâle et une divinité femelle, mais qui ne sont pas mari et femme. À l'exception de la dernière paire, Izanagi et Izanami, ils ne jouent qu'un rôle figuratif dans la plupart des mythes. Ces deux et cinq paires sont appelées Kamiyonanayo (神世七代 « Sept générations de dieux »).
 

B) Création du Japon:


Anecdote
Izanagi est l'un des deux kamis qui, selon la religion shintoïste, ont présidé à la création du monde et du Japon. Dans la mythologie japonaise, Izanami, qui signifie « celle qui invite », est à la fois la déesse de la création et de la mort et la première femme du dieu Izanagi.


Alors qu'ils se tiennent sur le pont entre les cieux et la terre Ame no ukihashi (天浮橋, « le pont céleste flottant »), le dieu Izanagi et la déesse Izanami, transpercent les flots avec Ame no nuhoko (天沼矛, « la Lance Céleste »), ornée de pierres précieuses que leur a offert les Amatsukami. Du sel qui goutte de la lance et tombe dans l'océan, l'île d'Onogoro se forme par elle-même.
 

 

Bien que cette île vienne d'apparaître, elle porte en son sein Yahirodono (八尋殿, « la salle aux huit marches »). Izanagi demanda à sa sœur comment son corps était fait : cette dernière lui répondit qu'il y avait un vide à un endroit. Il lui suggéra donc de rapprocher ces deux parties de son corps, ils inventèrent alors un rituel nuptial : Izanagi devait tourner à gauche du pilier du palais que le couple avait bâti sur Terre et Izanami à droite. Malheureusement, une fois le rituel effectué, Izanami se mit à parler la première et elle accoucha de deux entités mal-formées : Hiruko, l'enfant aquatique qu'ils confièrent à la mer en le plaçant dans une barque de joncs, et Awashima (淡島, « l'île d'écume »). Sur le conseil des Amatsukami, ils annulent cette union et c'est Izanagi qui initie la demande en mariage.


De cette nouvelle union naissent les ohoyashima (大八洲), les huit grandes îles de l'archipel nippon :


Awazi
Iyo (plus tard appelé Shikoku)
Ogi
Tukusi (plus tard appelé Kyūshū)
Iki
Tusima
Sado
Yamato (plus tard appelé Honshū)
Hokkaidō, Chishima, et Okinawa ne faisaient pas partie du Japon ancestral.


Ils engendrèrent de très nombreuses autres îles et divinités. Parmi ces divinités la plupart sont des symboles de la nature ou de la culture japonaise, tel que :


-le kami du vent Shine-tsu-hiko-no-kami, dont le souffle était si fort qu'à sa naissance, les nuages et la brume qui planait sur la terre depuis le commencement furent immédiatement dispersés, et le monde se remplit de clarté.



-le kami des Montagnes et le kami des Plaines, qui s’unirent pour faire huit nouveaux kami.


Izanami fut brûlée vive en donnant naissance à Kagutsuchi (軻遇突智) aussi appelé Homusubi (火産霊), l'incarnation du feu. Ce dernier fut tué par son père aveuglé par la colère. De ce meurtre jaillirent une douzaine d'autres divinités. Avant de mourir, Izanami vomit deux kamis : les kami du métal (Kanayama-biko et Kanayama-hime), puis alla au Yomi-no-kuni, le monde des morts.


C) Le périple vers le Monde des Morts:


Izanagi pleura la perte de son épouse et entreprit un périple au Yomi (黄泉), le pays de la nuit et de la mort, pour la ramener. Cependant Izanami a déjà goûté à la nourriture des enfers et ne peut s'en retourner parmi les vivants sans l'accord des divinités infernales. 
Dans l'obscurité totale Izanagi impatient de revoir son épouse, met le feu à une dent de son peigne, pour enfin l'apercevoir. Il la trouve décatie et décomposée, et découvre qu'elle veut le retenir au Yomi. 
Horrifié, il la répudie et s'enfuit. Elle le maudit alors et elle se transforme en yōkai et le poursuit et promet de tuer chaque jour un millier d'individus parmi son peuple. 
Ce à quoi il rétorque qu'en conséquence il ordonnera à son peuple de donner naissance à mille-cinq-cents enfants par jour Ainsi fut instauré le cycle de la vie et de la mort.


En arrivant au royaume des vivants, Izanagi obstrue définitivement le passage entre les deux royaumes, celui des vivants et celui des morts, avec « une pierre si lourde que mille hommes n'auraient pas pu la porter ». C'est ainsi que vivants et morts cohabitent sans jamais se rencontrer.


Ce mythe japonais présente des analogies avec deux mythes grecs :


L'enlèvement de Perséphone, qui, ayant mangé des grains de grenade doit rester aux Enfers une partie de l'année.
Le voyage d'Orphée aux Enfers, qui, ne pouvant se retenir, se retourne pour revoir Eurydice et la perd une seconde fois.


D) Le Soleil, la Lune et l'Orage:


Lorsqu'Izanagi revint sur Terre après avoir tenté de ramener sa femme, il fit une halte à Tsukushi où il pleura la mort d'Izanami. De ses larmes naquit un kami, il sortit alors son sabre, Totsuka no Tsurugi, et décapita Kagutsuchi. 
Du sang qui était resté sur l'épée naquirent huit autres kamis et autant naquirent de différentes parties de son corps. 
Il décida alors de se purifier en se baignant dans le fleuve de la vallée de l'Awakihara, la rivière des orangers, près du détroit de Tachibanapour. Douze kamis naquirent alors de ses possessions lorsqu'il se déshabilla :


Tsukitatsu-funato,
Michino-nagachiha de son obi,
Tokiha-kashi de son sac,
Wazurahi-noushi de ses vêtements,
Michimata de son hakama (longe jupe noire utilisée en Aïkido),
Akigu-hinoushi de sa couronne,
Oki-zakaru, Okutsu-nagisabiko et Okitsuka-hibera de son bracelet gauche,
Hezakaru, Hetsunagi-sabiko et Hetsuka-hibera de son bracelet droit.


Lorsqu'il se baigna, deux autres kamis naquirent : Yasoma-gatsuhi et Ohoma-gatsuhi. Ces deux kamis étant des diables, Izanagi se purifia une nouvelle fois. 
Trois kamis naquirent alors : Kamu-naobi, Oho-naobi et Izunome. 
Puis six nouveaux kamis virent le jour :


dans les eaux profondes, Sokotsu-watatsumi et Sokotsu-tsunowo;
entre deux eaux, Nakatsu-watatsumi et Nakatsu-tsunowo;
en surface, Uhatsu-watatsumi et Uhatsu-tsunowo.
Puis, il se lava le visage et trois kamis virent le jour :


de son œil droit naît Amaterasu, la déesse du Soleil. 

de son œil gauche naît Tsukuyomi, le dieu de la Lune.
de son nez naît Susanoo, le dieu de l'Orage. 



Ces trois derniers kami étaient les plus importants, Izanagi décida alors de leur offrir son royaume en partage. Il donna à Amaterasu son collier de perles, symbole de la souveraineté et des Hautes Plaines Célestes, à Tsukuyomi le temps et la lune, et à Susanoo les océans et tempêtes.


Cette séance de purification est commémorée dans la religion shintoïste par l'ablution rituelle, le harai ou misogi.




     E) La retraite du Soleil: 

 
Susanoo, la divinité japonaise de l'orage et de la tempête était violent et grossier. Il détruisait tout sur son passage ne laissant que ruines et désolation. Quand il fut rejeté par son père, il vint au Takamanohara pour faire ses adieux à sa sœur Amaterasu, la divinité japonaise du soleil. Mais Amaterasu craignait qu'il ne vienne pour des motifs plus belliqueux. Elle lui demande alors de prouver la bonne foi de ses propos par un concours : le premier des deux qui engendre une divinité masculine gagne.  Amaterasu brise l'épée de son frère en trois morceaux qu'elle mâche et transforme en trois élégantes déesses. Susanoo mâche les perles de fécondité des chaînes ornementales de sa sœur (le magatama) et engendre cinq divinités masculines. 
Puis ils se réclament mutuellement leurs créations, arguant qu'elles sont issues d'un objet leur appartenant. Susanoo se proclame vainqueur.


Fier de sa victoire il adopte un comportement altier et irrespectueux de son hôte. Il outrepasse ses droits, le jour où il jette la dépouille d'un cheval céleste dans la salle où Amaterasu et ses suivantes tissent. L'une d'elles, effrayée, s'ouvre les entrailles avec un fuseau et meurt.


Amaterasu, décide alors de priver le monde de lumière : elle se confine dans la caverne d'Iwayado ou Amano-Iwato (天岩戸) et refuse d'en sortir. Les divinités célestes réussirent néanmoins à l'attirer dehors par la ruse : ils font appel à Amenouzume (天宇受賣/天鈿女) qui place un miroir devant l'entrée de la caverne et exécute une danse lascive qui ne tarde pas à provoquer une hilarité tonitruante chez les dieux. 
La curiosité d'Amaterasu s'éveille et elle s'enquiert de cette joie soudaine alors que le monde est privé de sa lumière. Uzume lui répond qu'une nouvelle déesse plus somptueuse qu'elle est apparue.


La jalousie d'Amaterasu la force à sortir et elle aperçoit une très belle déesse à l'entrée de la grotte. (Mais elle ignore qu'il s'agit de son reflet.) Pendant qu'elle reste stupéfaite, des dieux bloquent l'entrée de la grotte, et du même coup, sa retraite. 
Acculée, elle promet de ne plus fuir si Susanoo est banni du royaume des cieux.


C'est ainsi qu'Uzume devint le symbole de la gaîté et de la bonne humeur. Elle est également synonyme de sensualité et, à ce titre, figure dans de nombreuses scènes érotiques.


F) Susanoo et le serpent géant à huit têtes
 

Exilé du royaume des cieux, Susanoo vint à Izumo. Il y trouva un vieil homme et sa femme pleurant le sort de leur fille nommée Kushinada. Susanoo leur en demanda la raison. Le vieil homme expliqua qu'ils avaient à une époque huit filles, mais qu'un serpent géant octocéphale et octocaudal nommé Yamata-no-orochi (八岐大蛇/八俣遠呂智/八俣遠呂知), avait mangé leurs sept premières filles et réclamait à présent que l'on lui donnât la huitième en pâture.


Susanoo tomba amoureux de la jeune fille et promit à ses parents de la sauver en échange de sa main. Il transforma alors la jeune fille en un peigne qu'il cacha dans ses cheveux, et construisit autour de la maison une muraille percée de huit ouvertures. Il ordonna que l'on place dans chaque ouverture une table avec sur chacune d'elle un grand vase rempli de saké distillé huit fois.


Attiré par l'odeur du saké, le serpent but tant et tant qu'il sombra dans le sommeil. Susanoo en profita alors pour anéantir l'ignoble bête. En découpant le monstre, son sabre buta sur une épée miraculeuse cachée dans l'une des queues du serpent. Pour se racheter auprès de sa sœur Amaterasu, Susanoo lui offre par la suite cette épée, Kusanagi no tsurugi (草薙剣).


G) Ōkuninushi, « fils » de Susanoo


Les nombreux demi-frères de Ōkuninushi (大国主), aspirent tous à épouser la princesse Yagami (八上比売, Yagami hime). Alors qu'ils décident de partir pour la province où habite la princesse, ils chargent Ōkuninushi de porter leurs bagages. 
En chemin, ils rencontrent un lapin blanc (mais ils ignorent que lui aussi est un kami). La peau de ce lapin est nue, et il souffre terriblement. Les nombreux demi-frères conseillent alors au lapin de se baigner dans la mer et de s'exposer au vent pour guérir. Le lapin décide de suivre leurs conseils, mais l'eau salée n'a pour effet que de creuser ses plaies, le faisant encore plus souffrir.


S'étant laissé distancer par ses demi-frères, Ōkuninushi rencontre à son tour le lapin et lui demande ce qui lui arrive. Le lapin lui explique alors que pour pouvoir traverser la mer et venir ici, il avait demandé à des requins de former un pont sur lequel il passerait. 
En échange, il leur avait promis de les compter lors de son passage, afin de les aider à savoir qui des requins ou des lapins sont les plus nombreux. 
Mais, alors qu'il était presque entièrement arrivé de l'autre côté de la mer, le lapin avoua aux requins qu'ils ne les avait pas comptés. Le requin sur le dos duquel il était l'avait alors mordu pour le punir de sa négligence. 
Ayant pitié de lui, Ōkuninushi lui conseille alors de se laver avec de l'eau douce et de couvrir ses blessures avec du pollen de jonc.


Le lapin décide de suivre ses conseils, et guérit bien vite de ses blessures. En remerciement de sa gentillesse, il prédit alors à Ōkuninushi que la princesse Yagami sera sa femme.


Tué par la suite par ses frères, Ōkuninushi trouve refuge dans le monde souterrain où il retrouve Susanoo et sa fille, la princesse Suseri (須勢理毘売/須世理毘売/須世理姫/須世理比売, Suseri bime), dont il tombe amoureux. 
Il revient sur Terre avec elle, et s'installe dans la province d'Izumo.


H) Fūjin et Raijin, dieux du vent et du tonnerre
 

Fūjin (風神) est l’un des dieux les plus représentés au Japon, dans la religion shinto et bouddhiste. Il y a beaucoup d’estampes et dessins à son effigie. 

Il est généralement associé à son frère jumeau. 
Raijin (雷神), qui lui est le dieu du tonnerre et de la foudre. 

Tous deux sont parfois considérés comme étant des yōkai.


Dans le shintoïsme, il est le dieu du vent et est généralement représenté comme un démon aux cheveux rouges avec une peau de léopard. Il tient dans ses deux mains une écharpe qui contient le vent. Fūjin était présent lors de la création du monde. Dans le bouddhisme, il est un démon repenti, contraint de faire le bien.


Fūjin affronta en vain Raijin, espérant prendre son pouvoir et échappa à la mort de justesse. Après sa défaite, il partit, devenant cruel et sombre. Plus tard, Fūjin parvint à vaincre son frère jumeau, il fut alors considéré comme le plus puissant des dieux, et toutes les princesses le convoitaient. Pris de jalousie, Raijin jura qu'il tuerait son ennemi.


Lors d'un nouvel affrontement chez Raijin, Fūjin perdit. Il se cacha et, affaibli, trembla de peur que Raijin, qui voulait l'achever, le retrouve. Pendant ce temps, il affronta un autre dieu et le vainquit facilement. Enfin guéri, sûr de battre Raijin, il alla le retrouver. Ils s'affrontèrent une dernière fois et s'entretuèrent.


Fūjin et Raijin sont très connus des otaku car ils sont souvent présents dans les jeux vidéo et mangas.


I) Intronisation de Ninigi


Amaterasu ordonna à son petit-fils Ninigi de gouverner le monde. Elle lui offrit alors trois trésors :


Le magatama de Yasakani (八尺瓊曲玉, Yasakani no magatama), désormais située au palais impérial ;
Le miroir de Yata (八咫鏡, Yata no kagami), désormais situé dans le sanctuaire d'Ise ;
L'épée de Kusanagi (草薙剣, Kusanagi no tsurugi) désormais située dans le sanctuaire d'Atsuta, à Nagoya.


Les deux premiers artefacts servirent à attirer Amaterasu hors de la grotte d'Iwayado ; l'épée fut trouvée par Susanoo dans l'une des queues du dragon Yamata-no-orochi.


Saruta-hiko, dieu de la Terre, tenta de s'opposer à son arrivée, mais Ame no Uzume le calma et le convainc de partager son royaume ; ils se marièrent par la suite. 
Ninigi et sa compagne Ko-no-Hana descendirent sur terre et vinrent à Himuka (日向), où Ninigi construisit son palais. 
Ils eurent trois fils, dont Hoderi et Hoori. Cependant, leur mariage ne dura pas : Ninigi était jaloux et suspicieux. De désespoir, Ko-no-hana mit le feu à leur hutte et mourut dans les flammes.


Hoori se maria avec la princesse Toyo-tama, la fille de Ryujin, le dieu des mers, qu'il rencontra alors qu'il était descendu dans les profondeurs de l'océan pour retrouver le harpon de son frère. Toyo-tama-hime lui donna un fils.
Ugayafukiaezu, qui eut quatre enfants avec la jeune sœur de Toyo-tama, Tamayori.


Le premier empereur légendaire du Japon est Iwarebiko, aussi appelé Wakemikenu, arrière-petit-fils de Ninigi, petit-fils de Hoori, et fils de Ugayafukiaezu, dont le titre posthume est « Empereur Jimmu » (神武天皇). 
Il aurait établi l'empire en l'an 660 av. J.-C..


J) Les principaux Dieux et leurs attributs:


Amaterasu déesse du Soleil, mère des empereurs 
Amenoukihashi le pont céleste flottant
Awashima l'île écume
Benzaiten déesse de l'Eloquence, de la Musique, de la Littérature, des Arts, des Vertus, de la Sagesse,  de la Prospérité et de la Longévité
Bishamonten dieu protecteur de la loi boudhique, de la Prospérité et de la Guerre
Daikokuten dieu de la Richesse
Ebisu dieu des Pêcheurs et de la Prospérité
Fūjin kami du Vent
Fukurokuju dieu de la Richesse, de la Virilité, de la Longévité et de la Sagesse
Hiruko l'enfant aquatique
Hotei dieu du Contentement et du Commerce
Inari dieu du Riz
Izanagi un des dieux présidant la création du monde 
Izanami déesse de la Création et de la Mort 
Jurôjin dieu de la Prospérité et de la Longévité
Kagutsuti dieu du Feu
Kuninotokotachi no kami celui qui existe éternellement comme nation
Ninigi le petit-fils d'Amatarasu
Raijin dieu de la Foudre
Saruta-hiko dieu de la Terre
Susanoo dieu des Tempêtes de l'Orage et de la Fertilité  
Toyokumono no kami dieu des Nuages et des Champs
Tsukuyomi dieu de la Lune
Uzume dieu de la Joie



 




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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 20:00 (2014)    Sujet du message: Nihon no kami-sama (Les dieux du Japon) Répondre en citant

Kakaoi senpai, tu gère, comme toujours Very Happy

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ashilian94
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MessagePosté le: Mar 22 Avr - 20:03 (2014)    Sujet du message: Nihon no kami-sama (Les dieux du Japon) Répondre en citant

xd toi aussi tu gère ma Asu-chan ^^
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